Samedi, nous avions organisé une rencontre avec les mamans de l’association des Enfants de la Goutte d’Or. Dans la même semaine, nous avions également mis sur pied une rencontre avec les jeunes de la Goutte d’Or et ceux de Montfermeil et Bondy, deux communes qui défraient la chronique régulièrement. Je suis bénévole à la Goutte d’Or depuis plusieurs mois, je fais ce que je peux avec Lydie la directrice, je tente d’apporter un peu de nouveauté. Mais surtout j’apprends, j’apprends à aimer, à écouter ces gens sincères et authentiques. Ici pas d’idées préconçues, pas de stigmatisation. C’est juste une vie qui passe avec ses difficultés : voir des enfants se diriger vers la mauvaise route, alors que l’on a tout donné, tout fait pour eux, espéré une vie meilleure. Les vexations, les humiliations des flics qui peuvent marquer à vie tellement les chocs peuvent être violents. L’incompréhension face à l’institution scolaire qui se contente d’exclure à tour de bras les plus turbulents, sans trop se remettre en question, sans proposer d’alternative. L’incompréhension face à la mission locale qui n’a pas de solution. Et la vie qui passe, les problèmes, le sommeil que les parents ont parfois du mal à trouver. Et moi là-dedans ? Tellement touché par leur discours, leur souffrance qui me fait si mal. Également de voir comment la république traite les siens. La douleur comme celle de ma mère enlevée de l’école à l’âge de 8 ans, avec l’étoile jaune sur sa chemise. Tu n’oublies jamais l’humiliation, tu la transformes. Si tu es fort, tu en fais une force, mais tu la portes à jamais, que ceux qui la provoquent s’en souviennent. Il me reste l’envie, avec mes amis, de ne pas décevoir, d’apporter un peu de moi.
Aujourd’hui avait lieu à la Goutte d’Or avec nos amis des Enfants de la Goutte d’Or, une rencontre de jeunes adolescents de Bondy, de Montfermeil et de la Goutte d’Or sur la différence, le sport, les relations hommes-femmes. Organisée par Laurence Ribeaucourt et l’équipe de l’Agence, ce fut un réel moment de bonheur, de partage et d’écoute. Je suis souvent horrifié quand j’entends les gens parler des jeunes. Les connaissent-ils ? Sont-ils à leur écoute ? C’est ce que nous avons fait ce matin. Nous leur avons vraiment donné la parole. Que faire de ces propos souvent riches et touchants ? Déjà peut-être les entendre vraiment, puis faire en sorte qu’ils influencent nos actions, notre manière de voir la vie. Merci encore Laurence pour nous aider à être meilleurs, à nous questionner inlassablement sur l’intérêt de nos actions.
Jean-Baptiste de Foucauld est un ancien commissaire au plan, inspecteur des finances, président de « Solidarités Nouvelles face au Chômage », une association grâce à laquelle des demandeurs d’emploi sont accompagnés par des bénévoles. Ce monsieur, qui ressemble au professeur Tournesol de Tintin, est d’un calme olympien. Son regard vif et malicieux est un appel à l’échange. Jean-Baptiste m’inspire depuis longtemps. Les différents ouvrages qu’il a écrit (dont je vous recommande la lecture), m’ont ouvert l’esprit et donné l’envie de me rapprocher de son association. Depuis plusieurs mois nous tentons d’installer des groupes d’accompagnement de chômeurs au sein d’associations comme « les Enfants de la Goutte d’Or ». Il y a quelques semaines j’ai participé à la réunion mensuelle d’un groupe d’accompagnateurs bénévoles. J’ai été frappé par l’empathie des participants et leur qualité d’écoute qui m’ont terriblement motivé.
Samedi, lors des « Dialogues en humanités » au Parc de la Tête d’Or à Lyon, il a présenté le pacte civique pour changer la vie, encore une idée qui nous fait prendre un peu de hauteur et permet de redonner sens à l’action qui en a tant besoin. Je crois fermement que ce type de personnalité, serviteur, humaniste optimiste, participe aux changements du monde, en tout cas il participe à mon ouverture, en me donnant à réfléchir. Merci.
Cela faisait quelque que mois que je n’avais pas vu Jean-Claude Perrin*, un de mes mentors préférés. C’est toujours une grande joie de le voir, de constater cet enthousiasme d’enfant, cette énergie qui a amené de grands champions au sommet et des anonymes à trouver un destin, un chemin, une route. Je me souviens de presque tous mes éducateurs, Claude le premier à l’école de football de Morangis, j’avais 7 ans. Leur rôle a été déterminant pour moi. Avec quelques années de recul, je me dis que j’ai eu la chance immense que ce sportif me suive, m’accompagne, me coache parfois fidèlement. Le voilà au milieu de jeunes joueurs de handball qui jouent leur titre, samedi prochain. Jean-Claude était à Montpellier ce matin avec sa femme, il a fait l’aller-retour pour une heure d’entraînement : voilà une des leçons que donne ce grand bonhomme. Son sérieux et son niveau d’implication sont la marque des grands. Des leçons de vie, j’en ai pris de nombreuses avec Jean-Claude. J’ai toujours été touché par la relation qu’il sait installer avec les athlètes, comment il les prépare à un grand championnat ou à grand événement. Mais c’est un peu la même chose, on gagne en équipe. Jean-Claude sait mieux que personne créer un groupe autour de lui. Il m’a beaucoup influencé. Je ne sais pas si je suis fidèle à ce qu’il m’a appris, mais son exemple est gravé dans ma mémoire. J’ai pris conscience, grâce à lui, du rôle majeur de l’éducateur pour les projets que nous soutenons. Qu’il continue surtout.
*Co-fondateur de l’Agence pour l’Éducation par le Sport
Finale régionale 2010 « Fais-nous rêver » : nous voià dans le Nord-Pas de Calais, une région importante pour l’Agence et un territoire que j’affectionne particulièrement. L’Agence a primé de nombreux projets de grande qualité, lauréats nationaux et régionaux, comme l’Association Culturelle et Sportive de Dunkerque, l’Association Tourquennoise de Sport Adapté… Une bonne centaine de projets repérés pour cette 12ème édition, trois fois plus que l’an passé. Notre animateur régional, Naël Juma , une fois de plus a labouré le terrain de manière efficace. Nous voilà sur un territoire de solidarité, avec des acteurs institutionnels à la fois soudés et respectant un vrai partenariat, ce n’est pas aussi simple et évident que cela. Notre partenariat avec la région prend aujourd’hui une forme qui me parait nouvelle et porteuse d’espoir. En effet, autour de la table aujourd’hui, dans les jurys, des représentants des services régionaux de la politique de la ville, de la santé, de la solidarité internationale. Aude Prestaux, chargée de mission « sport » au Conseil Régional, notre fidèle correspondante de la région Nord-Pas de Calais, est très satisfaite. Nous aussi. 12 ans de travail de fond qui ont l’air de porter leurs fruits, en tout cas qui nous ouvrent de solides pistes pour l’avenir. Car que manque-t-il à toutes ces audacieuses initiatives de proximité dans des zones parfois très sensibles ? De la reconnaissance, des compétences, des contacts aussi et des moyens. Tout cela est de bon augure pour l’éducation par le sport dans le Nord-Pas de Calais. À nous de passer à la deuxième phase, celle de la pérennité et de l’accompagnement. À suivre…
Nous voilà en Guyane pour la préparation de notre deuxième appel à projets. Notre administratrice Marie-José Lallart m’accompagne. Nous souhaitons étudier la mise en place des Jeux d’Apatou qui ont eu lieu il y a 10 ans avec le soutien de l’UNESCO. C’est en outre un privilège de partir en mission avec cette femme, dont l’expérience et les qualités d’ouverture sont impressionnantes. J’ai tout de suite éprouvé un grand attachement pour ce territoire depuis que je l’ai découvert grâce à notre ami et soutien Jean-David Poquet. En effet, la diversité de sa population et de ses territoires - en Guyane vous avez tellement d’ethnies différentes - est telle que le fameux « vivre ensemble » est complexe. C’est pour nous un laboratoire de la diversité unique, notre action n’est donc pas simple. Pour notre projet, nous prenons soin de bien associer l’ensemble des parties prenantes. L’Agence apporte du lien et du sens, mais jamais seule. Ce processus prend plus de temps qu’ailleurs, mais il tient compte des caractéristiques spécifiques des populations et des acteurs. Il doit évoluer dans le respect total des populations autochtones.
La coupe du monde est devenue l’événement le plus important ces derniers jours. On peut le regretter ou s’enthousiasmer à cette idée, mais c’est un fait incontestable. Profitant de l’événement, l’Agence avait donc prévu de s’intéresser à la pratique du football dans une ville de la banlieue parisienne, Villetaneuse. Ainsi en accord avec la ville, le directeur des sports, Yves Hannouna, et le Centre Social, nous avions imaginé une rencontre autour des multiples pratiques du football (jeunes, adultes, hommes et femmes). Pour cela, nous avons souhaité recueillir les avis des habitants (enfants, parents, mamans, anciens, élus….) à travers un reportage vidéo. Quelle est la place de ce sport dans votre quotidien ? Comment une mère de famille le considère-t-elle ? Comment les filles vivent le football… ?
Hier soir, nous étions tous réunis au Centre Social de la ville, pour voir ce film et débattre de ces différents thèmes. Tous étaient présents pour écouter, échanger. Une trentaine de pré-ados (qui au passage sont restés 2 heures à écouter les adultes), ont ainsi pu témoigner aussi de leur expérience, et des joies que leur apporte ce sport. Je dois dire que ce fut pour moi un pur moment de bonheur parce que malgré la grande diversité du public, chacun a pu s’exprimer. On parle bien trop souvent d’une banlieue qui se dégrade, où les problèmes sont si importants qu’on se sait plus quoi faire, des jeunes intenables…Moi j’ai vu des jeunes qui savent se tenir, joyeux, des éducateurs volontaires, réalistes et lucides sur ce qu’ils apportent, mais aussi sur leurs difficultés, des élus de qualité (l’adjointe au sport de la ville de Villetaneuse, Fatimata, dont on entendra parler dans les années à venir, une femme authentique). Mais aussi de l’intelligence, de la créativité de ceux pour qui le quotidien est souvent fait d’imprévu, de lutte quotidienne qui ronge un peu plus chaque jour. L’éducation des enfants passera par l’implication de tous. Tout seul l’éducateur est souvent impuissant, les familles doivent avoir leur place. J’aime la banlieue car j’y vois un réservoir de fraternité et de solidarité considérables. Sachons être à l’écoute de tous, sans tomber dans la facilité. On reviendra à Villetaneuse, où les beaux visages des enfants emplis de joie sont à jamais gravés dans ma mémoire.
Le Nord-Pas de Calais est un grand territoire où l’on trouve des gens vraiment engagés. L’Agence a eu la chance de trouver des soutiens et des compétences considérables dans cette région parfois très dure mais au combien passionnante. Jean-Michel Molle fait partie de ces hommes en avance sur leur temps, ancien adjoint au maire chargé des sports de la ville de Villeuneuve d’Ascq, aujourd’hui conseiller de la région Nord-Pas de Calais. C’est un homme précieux, très occupé mais qui sait se rendre disponible dés que l’intérêt général est en jeu. Au cours de notre déjeuner avec Aude Prestaux notre fidèle partenaire de la région et précieux soutien, nous avons préparé l’avenir qui sera avec eux de toute façon rose tellement leur soutien nous porte et nous pousse a être innovant et performant.
En fin de journée nous sommes passé voir JP Roussel, adjoint à la ville de Roubaix chargé de la sécurité, qui nous confiait son inquiétude tellement les problèmes des jeunes de la ville ont semble t’il passé un cap. Cette homme de sport, de dialogue passe ses journées depuis de nombreuses années à faire que nos quartiers, nos enfants puissent trouver un idéal. Il fait partie de ces hommes que notre pays devrait célébrer tant ils sont importants, tant leur engagement change la vie et le destin de centaines d’autres. Ces deux mecs sont dans mon cœur depuis beaucoup d’années et justifient l’engagement de l’Agence.
Dimanche 16 mai au soir, avec mon administratrice qui a l’habitude de parcourir le vaste monde, Marie José Lallart, nous étions à Strasbourg, où a eu lieu la grande journée de l’association « Unis vers le sport ». Elle a réuni plus de 4000 enfants, et un match de gala avec des anciens strasbourgeois, emmenés par Cedric Kanté, parrain de la manifestation, a été organisé. Trois jeunes Strasbourgeois aux compétences complémentaires (Ilan, Emmanuel et Paulo) à l’énergie incroyable avec une générosité qui me touche toujours, tellement elle nous surprend dans cette époque compliquée. Je ne suis pas sûr que les gens prennent conscience du travail de cette association qui accompagne des jeunes des quartiers avec un projet de solidarité internationale au Mali. L’école Malienne existe maintenant depuis 4 ans, elle accueille des jeunes déscolarisés. Comme tout ce qui touche de prés ou de loin Unis vers le sport, le travail de Michelle, l’institutrice, est remarquable.
Le rôle de ces projets sera essentiel pour l’avenir de nos quartiers mais aussi pour l’éducation des jeunes qui y vivent, éducation qui ne peut pas être assurée que par l’école. Enfin comment ne pas terminer mon propos sans saluer notre ami Emmanuel Antz directeur et animateur de cette magnifique structure, véritable missionnaire de la jeunesse, arbitre de basket en ligue 1. Un homme remarquable. Merci de ton exemple qui nous donne envie d’avancer et de se battre. Si notre combat permet l’émergence de ce genre de mec alors on continuera !
Il y a presque 20 ans, j’étais animateur sportif à Moliets. J’apprends que Yannick Noah est à quelques pas d’ici. J’organise « le triathlon du rêve », pour les enfants. Je décide de tenter de le rencontrer pour qu’il vienne ouvrir la manifestation. J’ai la chance de le croiser avant qu’il ne rentre sur le court, je lui parle rapidement de la journée pour les enfants. Il me demande à qui est destinée cette manifestation, il accepte et me demande de venir le chercher à l’hôtel. Yannick sera là fatigué mais présent. J’aime ce monsieur, c’est un homme de cœur, engagé depuis plusieurs années autour du tennis et de la solidarité. Les gens de ma génération ont en mémoire sa finale de Roland Garros et cette image magnifique avec son père. Avec toujours beaucoup d’à propos dans ses messages sur le sport, et beaucoup de modestie. Peu de champions français se sont engagés comme lui l’a fait. C’est pour cela que j’ai le plus grand respect pour son engagement et l’exemple qu’il donne. Yannick peut apporter beaucoup au sport et à la jeunesse…